Donald Rumsfeld : "Un missile a frappé le Pentagone"
Le texte ci-dessous est le script brut de l'interview qu'a accordé le secrétaire à la défense des Etats-Unis, M. Donald Rumsfeld à un périodique américain. Dans cette interview datée du vendredi 12 octobre 2001, c'est à dire un mois après les frappes sur New York et le Pentagone, le ministre dit clairement que c'est un missile qui a frappé le Pentagone.
Pour permettre le contrôle de la traduction par des anglicistes j'ai joint le texte en anglais, écrit et publié sur le site de Parade Magazine. Il est en italique et la traduction que je propose est en caractères gras et bleus.
Je me suis permis de marquer en rouge les passages qui me paraissent les plus significatifs: C'est un quidam quelconque qui annonce à Rumsfeld qu'un avion a frappé le bâtiment, sans préciser le type d'avion. C'est Rumsfeld lui-même qui annonce à la presse que si des avions ont frappé le WTC, c'est un missile qui a frappé le Pentagone.
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Presenter: Secretary of Defense Donald H. Rumsfeld \tab Friday, Oct. 12, 2001
Secretary Rumsfeld Interview with Parade Magazine
(Interview with Lyric Wallwork Winik, Parade Magazine)
Q: Let me start by asking you, most of us are
programmed to leave a building with smoke. What made you go towards the fire
here a little over a month ago, and what was going through your mind?
Q : La plupart d'entre nous sont programmés
pour quitter un bâtiment enfumé. Qu'est-ce qui vous a incité à aller vers le
feu, ici, il y a un peu plus d'un mois, et qu'est-ce qui vous a traversé
l'esprit ?
Rumsfeld: Well, I was sitting here and the
building was struck, and you could feel the impact of it very clearly, and I
don't know what made me do anything I did, to be honest with you. I just do it
instinctive. I looked out the window, saw nothing here, and then went down the
hall until the smoke was too bad, then to a stairwell down and went outside and
saw what had happened. Asked a person who'd seen it,
and he told me that a plane had flown into it.
Rumsfeld : Eh bien, j'étais assis ici quand le
bâtiment a été frappé et qu'on a ressenti très nettement l'impact. Je ne sais
pas ce qui m'a poussé à faire tout ce que j'ai fait, pour être honnête avec
vous. J'ai agi instinctivement, tout simplement. J'ai regardé par la fenêtre et
je n'ai rien vu ici, puis je suis descendu dans le hall jusqu'au moment où la
fumée a été trop épaisse, puis je suis descendu par un escalier, je suis sorti
et j'ai vu ce qui était arrivé. J'ai demandé à
quelqu'un qui avait vu, et il m'a dit qu'un avion avait percuté le bâtiment.
I had been aware of a plane going into the World Trade Center, and I saw
people on the grass, and we just, we tried to put them in stretchers and then
move them out across the grass towards the road and lifted them over a jersey
wall so the people on that side could stick them into the ambulances.
J'avais appris qu'un avion avait frappé le
World Trade Center, et j'ai vu des gens sur la pelouse, et nous avons
simplement, nous avons essayé de les mettre sur des brancards, puis nous les
avons emportés vers la route, nous les avons fait passer par-dessus le grillage
de façon que les gens qui étaient là puissent les mettre dans des ambulances.
I was out there for a while, and then people started gathering, and we were
able to get other people to do that, to hold IVs for people. There were people
lying on the grass with clothes blown off and burns all over them.
J'étais dehors depuis un moment, et les gens
ont commencé à se rassembler et on a pu avoir d'autres gens pour le faire, pour
tenir les IV (flacons d'intraveineuses des perfusions ou des transfusions -
NDT). Il y avait des gens sur la pelouse avec les vêtements déchirés et des
brûlures sur tout le corps.
Then at some moment I decided I should be in here figuring out what to do,
because your brain begins to connect things, and there were enough people there
to worry about that. I came back in here, came into this office. There was
smoke in here by then.
A un moment donné, j'ai décidé qu'il fallait
que je sois ici à réfléchir à ce qu'il fallait faire, parce qu'on a le cerveau
qui commence à relier les choses entre elles et qu'il y avait assez de gens
là-bas pour s'occuper de ça [des secours]. Je suis revenu ici, je suis entré
dans ce bureau. Il y avait de la fumée partout.
We made a judgment about where people should be. The chairman was out of
town, so he was separate. The vice chairman was with me. We had my deputy go
out to another site. At a certain point it got too bad and we went into a room
about 30 yards away here inthis building, in the same general area but back
that way that is sealable. But as it turns out it wasn't sealable for smoke and
so forth. We worked in there, and we kept being told the building had to be
evacuated completely except for the people that were in that group that were
assisting me, and they kept saying you should get out of here because these
people have to stay if you're here, as I recall. I said fine, we'll do that at
the appropriate time.
Nous avons fait le point de l'endroit où
devaient être les gens. Le Président [du comité des chefs d'états-majors, c'est
à dire le chef d'état-major des armées selon la terminologie française] était
en ville, donc il n'était pas avec nous. Le vice-président était avec moi. Mon
adjoint avait été envoyé ailleurs. A un endroit donné, c'est devenu trop
mauvais [sans doute les conditions de circulation dans la bâtiment du
Pentagone] et nous sommes entrés dans une pièce à trente mètres d'ici, dans ce
bâtiment, dans le même secteur mais par là-bas, et qu'on pouvait fermer
hermétiquement. Mais il s'est avéré qu'on ne pouvait pas l'isoler des fumées
etc. Nous sommes revenus ici et on a continué à nous dire qu'il fallait évacuer
tout le bâtiment, à l'exception des gens de mon équipe qui restaient pour m'aider
et on continuait à me dire que je ferais mieux de sortir parce que ces gens
sont obligés de rester tant que je suis présent, pour autant que je me
souvienne. J'ai dit "Très bien, on fera ça au moment approprié".
They were able to get enough of the fire out and then move some air out
that the increasing smoke stopped. It did not disappear, but it stopped. We
were in there throughout the day, and never did go to (inaudible).
Ils ont pu éteindre suffisamment le feu et
faire venir de l'air de telle sorte que la fumée a cessé d'épaissir. elle n'a
pas disparu, mais elle a cessé d'épaissir. nous sommes restés ici toute la
journée, nous ne sommes pas partis (inaudible).
The advantage for me was I could be here near where the problems were and I
had full communications from the area -- to the president and the vice
president, the secretary of state. I guess he was out of the country, wasn't
he? It was the deputy.
L'avantage pour moi c'était que je pouvais
rester ici, où étaient les problèmes et que je recevais toutes les
communications de la zone \endash avec le président [Bush], le vice président
[Cheney], le secrétaire d'Etat. Il me semble qu'il était à l'étranger, n'est-ce
pas? C'était son adjoint.
Q: In the interest of time I'm going to move you along.
I'm sorry if I seem rude -
Q\~: Pour gagner du temps, je vais poursuivre.
Pardonnez-moi si j'ai l'air un peu discourtois -
Rumsfeld: Not at all.
Rumsfeld : Pas du tout.
Q: This is a question that's been asked by many
Americans, but especially by the widows of September 11th. How were we so
asleep at the switch? How did a war targeting civilians arrive on our homeland
with seemingly no warning?
Q : il s'agit d'une question que posent de
nombreux Américains, et en particulier les veuves du 11 septembre. Comment
avons nous pu nous endormir sur le bouton, comme cela ? Comment un guerre qui
vise des civils s'est-elle produite sur notre sol sans signe avant-coureur
apparent ?
Rumsfeld: There were lots of warnings. The
intelligence information that we get, it sometimes runs into the hundreds of
alerts or pieces of intelligence a week. One looks at the worldwide, it's
thousands. And the task is to sort through it and see what youcan find. And as
you find things, the law enforcement officials who have the responsibility to
deal with that type of thing -- the FBI at the federal level, and although it
is not, it's an investigative service as opposed to a police force, it's not a
federal police force, as you know. But the state and local law enforcement
officials have the responsibility for dealing with those kinds of issues.
Rumsfeld : Il y a eu beaucoup des signes
avant-coureurs. Le renseignement qui nous arrive, il afflue parfois par
centaines de renseignements élémentaires par semaine. Si on considère
l'ensemble du monde, c'est par milliers. Et tout le travail est de l'éplucher
pour trouver ce qu'on peut en tirer. Et lorsqu'on y trouve des choses
[intéressantes] les autorités responsable de l'imposition de la loi [en
français on dit "sécurité et maintien de l'ordre"] sont chargées de
réagir. Le FBI au niveau fédéral, et bien que ce ne soit pas, c'est un service
d'enquête par opposition à un service de maintien de l'ordre, ce n'est pas une
force fédérale de police [to police = faire observer la loi, par la force si
nécessaire], comme vous le savez. Mais les autorités d'imposition de laloi,
locales et au niveau des Etats, ont la responsabilité de traiter ces affaires.
They [find a lot] and any number of terrorist efforts have been dissuaded,
deterred or stopped by good intelligence gathering and good preventive work. It
is a truth that a terrorist can attack any time, any place, using any technique
and it's physically impossible to defend at every time and every place against
every conceivable technique. Here we're talking about plastic knives and using
an American Airlines flight filed with our citizens, and the missile to damage this building and similar (inaudible)
that damaged the World Trade Center. The only way to deal with this problem is
by taking the battle to the terrorists, wherever they are, and dealing with
them.
Il (le FBI) [a trouvé beaucoup de choses] et
tous les efforts des terroristes ont été découragés ou battus en brèche grâce à
une bonne collecte du renseignement et un bon travail de prévention. Il est vrai
qu'un terroriste peut attaquer n'importe quand,n'importe où en utilisant
n'importe quelle technique et il est physiquement impossible de se défendre en
permanence et partout contre toutes les techniques possibles. Là, nous parlons
de couteaux en plastique et de l'utilisation d'un avion d'Américan Airlines
transportant de nos concitoyens, et du
missile qui a frappé ce bâtiment [celui où
il s'adresse au journaliste, le Pentagone NDT] et (inaudible) similaire qui a
frappé le World Trade Center. La seule façon de traiter le problème est de
livrer bataille aux terroristes, où qu'ils soient, et de s'en occuper.
Q: Please briefly explain to our readers why
it's not enough just to get bin Laden and al Qaeda. Why this threat ought to
extend beyond that.
Q : S'il vous plaît, pouvez-vous expliquer
brièvement à nos lecteurs pourquoi il ne suffit pas de capturer Bin Lâdin et AlQâeida.
Pourquoi cette menace devrait s'étendre au-delà ?
Rumsfeld: Well, because they have trained any
number of people that are spread all across the globe, but there are a number
of terrorist networks in a number of countries that have harbored terrorists,
and to deal with one and ignore the rest would be to misunderstand the nature
of the problem.
Rumsfeld : Eh bien parce qu'ils ont entraîné
un grand nombre de gens qui se sont répandus sur toute la planète, mais il
existe un nombre de réseaux terroristes dans un certain nombre de pays qui ont
abrité des terroristes, et s'occuper d'un seul en ignorant les autres serait ne
pas comprendre la nature du problème.
There is a correlation, really, between the countries that sponsor
terrorism, and the countries that have been weaponizing chemical and
biological, and they're working diligently to develop nuclear capability for
the most part. Not in each case. But that nexus is something that ought to be
of concern to people. Were that connection to occur, obviously you're talking
not about thousands of people, but hundreds of thousands.
Il y a une corrélation, vraiment, entre les
pays qui soutiennent le terrorisme et les pays qui ont vectorisé les armes
biologiques et chimiques, et ils travaillent avec diligence à mettre au point
un capacité nucléaire pour la plupart d'entre eux. Pas toujours. Mais ce lien
doit être une préoccupation pour nous tous. Si cette corrélation existe, on
parle alors non plus de milliers de gens mais de centaines de milliers de gens.
Q: What it sounds like you're saying too in this
process then is that we're going to need to address Iraq's weapons of mass
destruction, particularly in the light of even the evidence that with
inspectors Saddam continued to build his arsenal through the 1990s and now we
don't know what exactly has happened. Is that going to be a top priority as
well?
Q : D'après ce que vous dites aussi, il semble
que dans le processus en cours nous allons devoir nous occuper des armes de
destruction massive de l'Iraq, en particulier à la lueur des preuves que malgré
les inspections Saddam a continué à construire son arsenal au cours des années
1990 et que maintenant nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé. Est-ce
que c'est aussi une priorité majeure ?
Rumsfeld: Those are decisions for the president,
but he has been very clear that he is deeply concerned about the problem of
terrorism. He is going to find terrorists and keep them out and root them out,
and he's going to create an environment that suggests to countries that are
harboring them that they ought to stop.
Rumsfeld : C'est du ressort du président, mais
il a été très net sur le fait qu'il est très soucieux de la question du
terrorisme. Il va mettre la main sur les terroristes, les arrêter, les extirper
et il va il va faire comprendre aux pays qui les hébergent qu'ils vont devoir
cesser.
Q: Unlike some of our previous conflicts abroad,
a lot of our efforts at the moment are concentrated in a part of the world
where portions of the population are hostile to us, both allies and enemies. A
Washington Post editorial spoke pretty eloquently to this subject yesterday.
Can you talk a little bit about your thoughts about the balance we have to
strike between the politics of the reason, even some of the propaganda that
exists in the region, and our own security interests?
Q : A la différence de nos autres guerres
extérieures, une grande partie de nos efforts du moment se concentrent dans une
région du monde où des tranches de la population nous sont hostiles, qu'il
s'agissent des alliés ou des ennemis. Un éditorial du Washington Post a évoqué
ce sujet sans ambiguïté hier.
Pouvez-vous nous parler un peu de ce que vous
pensez de l'équilibre que nous devons garder entre la politique de raison, même
si une certaine propagande existe à propos de cette région, et l'intérêt de
notre propre sécurité ?
Rumsfeld: We have to look at our security
interests for sure. Given the lethality of weaponry today and the proliferation
of those technologies, we have no choice.
Rumsfeld : Nous devons évidemment prendre en
compte l'intérêt de notre sécurité. Etant donné le caractère mortel de
l'armement d'aujourd'hui et la prolifération de ces techniques, nous n'avons
pas le choix.
By the same token we have to be sensitive that there are inevitably going
to be at least the potential for secondary effects or non-intuitive threats
that could occur. Some of those can be advantageous. That is to say people can
change their ways, or theremay be new alignments where we share common
problems, that our relationships with people three, four, five years down the
road might be notably different than they were previously, for the good.
De la même façon, nous devons être conscients
qu'il y aura pourra inévitablement se produire des effets secondaires et des
menaces non intuitives. Certains seront bénéfiques. C'est à dire que les gens
changeront de moyens, ou bien il y aura des nouveaux engagements où nous aurons
à faire face à des problèmes communs, que nos relations avec les gens
pourraient bien être différentes dans les trois, quatre ou cinq années qui
suivront, ceci pour le bien.
By the same token, to go to the heart of your question, you're right. It is
important that we do everything humanly possible to do what we must do in a way
that is sensitive to our many allies in the region and the problems they have
because of, to use your words, the propaganda that is being put forward by terrorists.
This effort clearly has nothing to do with any religion, it has nothing to do
with any race, it has nothing to do with any particular country. It has to do
with terrorists and terrorist networks. In the case of Afghanistan they've
pretty well taken over the country. But not totally.
De la même façon, pour aller au coeur de votre
question, vous avez raison. Il est important que nous fassions tout ce qui est
humainement possible pour faire ce que nous devons faire de façon acceptable
par nos alliés de la région et des problèmes qu'ils ont en raison de, j'utilise
vos mots, la propagande mise en avant par les terroristes. Cet effort, n'a
absolument rien à voir avec aucune religion, avec aucune religion, avec aucun
pays en particulier. Il a trait aux terroristes et aux réseaux terroristes.
Dans le cas de l'Afghanistan, ils ont relativement bien mis la main sur tout le
pays. Mais pas entièrement.
Q: In hindsight, might the last decade be called
the decade of neglect? We didn't even maintain spare parts for our military
planes. What lessons should we as a people and our political leaders learn from
the 1990s?\par
Q : En arrière plan, est-ce la dernière
décennie sera appelée celle de la négligence ? Nous n'avons même pas de pièces
détachées pour nos avions de combat. Quels enseignements, nous citoyens et nos
dirigeants, doivent tirer des années 1990 ?
Rumsfeld: You're correct. They called it a
procurement holiday, which is a euphemistic way of characterizing starving the
defense establishment from needed capabilities.
The lesson is a lesson that it's a shame, but we really ought not to have
to keep learning it. One would think we would be wise enough as a people to
learn from history and to know that today we're spending a very modest
percentage of our gross domestic product on defense. When a crisis occurs we
suddenly say oh, my goodness, we can spend all we need to. Well, of course we
can. But the thing to do is to spend it when you don't need to. Then you don't
have to spend as much. Then it's the deterrent effect and the capability effect
that you have that dissuades people from doing things like this. But to the
extent you get relaxed and say well, my goodness, there's no real threat today,
we can not worry about things, and allow your investment to decline, you
thenfind that you have to increase it more than you otherwise would have and
you have to do it because of a crisis. I guess Benjamin Franklin or somebody
said that necessity is the mother of invention, but this country can afford to
spend anything it needs toon our national security.
Rusmfeld : Vous avez raison. Ils appellent
cette période "les vacances des achats" ce qui est un euphémisme pour
désigner l'étranglement du monde de la défense en matière des moyens dont ils
ont besoin.
La leçon est une leçon honteuse, mais nous devons en tirer un
enseignement. On pourrait croire que nous serons assez sages pour tirer des
leçons de l'histoire et nous rendre compte de ce que nous dépensons un très
faible pourcentage de notre produit intérieur brut pour la défense. Lorsqu'une
crise éclate, nous nous disons soudain : Oh ! Mon Dieu ! Nous pourrions
dépenser ce qu'il faut. Bien sûr, que nous pourrions. Mais la difficulté, c'est
de dépenser de l'argent lorsque le besoin n'est pas évident. A ce moment-là,
vous ne pouvez pas engager de dépenses. Et puis, l'efficacité de la dissuasion
liée à votre capacité d'agir empêche les gens de se lancer dans dépenses de
cette nature. Mais dans la mesure où on se relâche, où on se dit qu'il n'y a
plus de menace, qu'on n'a plus à s'en soucier, quand on laisse baisser ses
investissements, alors on découvre qu'il faut les augmenter davantage qu'on
aurait eu à le faire, et qu'on doit le faire à cause d'une crise. il me semble
que c'est Benjamin Franklin ou quelqu'un d'autre qui a dit que la nécessité est
la mère de la créativité, mais ce pays a les moyens de payer tout ce dont il a
besoin pour sa sécurité.
When I first came to Washington in the Eisenhower/Kennedy years, we were
spending 10 percent of our gross domestic product on national security. When I
was here as secretary of defense some 25 years ago, it was 7, 6, 5, percent, in
that range, as I recall.Now it's down in the 2.8 or 9 percent.
Quand je suis venu à Washington pour la
première fois dans les années Eisenhower/Kennedy, nous dépensions 10% de notre
PIB pour la sécurité nationale. Quand j'étais ministre de la défense il y a
quelque 25 ans, c'était 7, 6 ou 5%, quelque chose comme ça, d'après mes
souvenirs. Maintenant ça a baissé 2,8 ou 2,9%.
We are perfectly capable of spending whatever we need to spend. The world
economy depends on the United States [contributing] to peace and stability.
That is what underpins the economic health of the world, including the United
States.
Nous sommes parfaitement capables de dépenser
tout ce dont nous avons besoin. l'économie mondiale dépend de la contribution
des Etats-Unis à la paix et la stabilité. C'est ce qui soutien la santé
économique du monde, les Etats-Unis compris.
To think that we want to skim on our national security and put in jeopardy
the world economy, put in jeopardy our economic circumstance in this country
it's so short sighted and so immature and reflects a lack of a capability to
understand history.
Penser que nous voulons traiter à la légère
notre sécurité nationale et mettre en danger l'économie mondiale, mettre en
danger nos conditions économiques dans ce pays, est faire montre d'une vision à
court terme, c'est très immature et cela reflète un manque de capacité à
comprendre l'histoire.
Q: Looking forward as well as looking back,
you've been very forward looking in your plans for the RMA. Now we're looking
at transforming the military under duress and in an accelerated timeframe in a
conflict. How do you prepare for the next war while youfight this one?
Briefly.
Q : En regardant vers l'avenir comme vers le
passé, vous avez été visionnaire dans vos plans pour la réorganisation des
armées. Maintenant, il nous faut transformer les armées sous la contrainte et
en une période où le temps s'accélère en une période de conflit. Comment
préparez-vous la prochaine guerre tout en faisant celle-ci ?
Brièvement.
Rumsfeld: You're looking for bumper stickers.
Rumsfeld : vous cherchez la petite bête.
Q: No, not bumper stickers. You can go more in
depth than that. We can handle it.\par
Q : Non, pas la petite bête. Vous pouvez
entrer davantage dans le détail. Nous pouvons en parler.
Rumsfeld: Well, one would hope our country would
be wise enough to do it skillfully, but what we have to do is not look at
existing threats, meaning countries or people. We need to look at capabilities.
The kinds of capabilities that exist across the globeand that are revolving and
spreading.
Rumsfeld : Eh bien, on voudrait que notre pays
soit assez sage pour agir avec adresse, mais ce que nous devons faire n'est pas
de chercher les menaces existantes, c'est-à-dire des pays ou des peuples. Il
nous faut faire attention à des potentialités. Les potentialités qui existent
sur terre et qui tournent et se répandent.
So rather than having a threat-based strategy we have fashioned a
capability-based strategy that says we can't know of certainly knowledge where
a specific threat will come from or when it will come because capabilities are
so widely disbursed today. But we can expect those threats to come, and we can
make a reasonably good estimate as to what kinds of capabilities we will need
to deter and defend against those threats when they do occur, regardless of
where they come from.
Ainsi, au lieu de suivre une stratégie fondée
sur la menace, nous avons mis au point une stratégie fondée sur les capacités
qui veut que nous ne pouvons pas être certains de l'endroit d'où une menace
particulière va venir ou quand elle va surgir parce que les capacités son trop
amplement répandues à l'heure actuelle. Mais nous pouvons nous attendre à ce
que ces menaces se matérialisent, et nous pouvons faire une estimation
raisonnable de quelles capacités nous auront besoin pour dissuader [les
agresseurs] et pour nous défendre contre ces menaces lorsqu'elles se
matérialiseront, sans nous occuper d'où elles viendront.
It was a paradigm shift in thinking that has been lost as a result of these
terrorist attacks. But it is a significant conceptual transition or paradigm
shift for our country that has taken place.
C'est une évolution exemplaire de la pensée
qui a été perdue à cause de ces attaques terroristes. Mais c'est une transition
significative dans les concepts ou une évolution exemplaire pour notre pays qui
a eu lieu.
Q: Bio-terrorism is threatening a lot of
Americans. How serious is this threat? Do we need a new Manhattan style project
to deal with this? Are there other asymmetrical threats that you're more
concerned about? And then one little tag on the end of that, given the
concentration of political, government, and military leadership in Washington,
how safe is this city in particular?
Q : Le bio-terrorisme menace actuellement
beaucoup d'Américains. Quel est le sérieux de cette menace ? Nous faudra-t-il
un autre coup de Manhattan pour nous occuper de cela ? Y a-t-il d'autres
menaces asymétriques qui vous préoccupe ? Et dernier petit point
d'interrogation pour finir, étant donné la concentration d'autorités
politiques, gouvernementales et militaires à Washington, où en est la sécurité
dans cette ville en particulier ?
Rumsfeld: I worry about all the asymmetrical
threats. One must do so. We know there are not significant armies, navies and
air forces that can [test] us. Now one of the reasons there aren't is because
we have capable armies, navies and air forces, and thatdissuades people from
thinking that that could be an asymmetrical advantage for them if we lacked a
Navy or an Army or an Air Force.
Rumsfeld : Je m'inquiète de toutes les menaces
asymétriques. C'est ce qu'on doit faire. Nous savons qu'aucune force armée
significative ne peut nous concurrencer. Maintenant, l'une des raisons pour
qu'il n'y en ait pas c'est que nous avons des forces armées efficaces et que
cela dissuade les gens de croire qu'ils auraient un avantage asymétrique s'il
nous manquait une marine, un armée de terre ou une armée de l'air.
Now therefore, what do they do? They go to the seams. They look for ways
that they can advantage themselves using our technology, our capabilities,
because of proliferation, things that we have pioneered, and for which we do
not have ready defenses, and those are the ones you mentioned. They are
terrorism, they are ballistic missiles, they are cruise missiles, they're
weapons of mass destruction, chemical, biological, and nuclear, and cyber
attacks potentially.
Donc maintenant, que font-ils ? Ils cherchent
les jointures. Ils cherchent des moyens qui puissent leur donner l'avantage en
se servant de nos techniques, de nos capacités, en raison de la prolifération,
des choses que nous avons mises au point, pour lesquelles nous n'avons pas de
défenses toutes prêtes et ce sont celles dont vous venez de parler. Ce sont le
terrorisme, les missiles balistiques, les missiles de croisière ce sont les
armes de destruction massive, chimiques, biologiques et nucléaires, et
potentiellement les attaques cybernétiques.
I mean of all the countries in the world, we are more dependent on space
and more dependent on information technology than any nation on the face of the
earth, and they're all, they all represent weaknesses, if you will -- strengths
on the one hand, but weaknesses on the other, because we have not hardened
ourselves against those kinds of threats.
Je veux dire que de tous les pays au monde,
c'est nous qui dépendons le plus de l'espace et des techniques de
l'information, plus que tous pays à la surface de la terre, et ce sont tous,
tous sont des faiblesses, si vous voulez ; une force d'un côté, mais des
faiblesses de l'autre, parce que nous ne nous sommes pas protégé de ces genres
de menaces.
In the case of terrorism, because it's so difficult to do; in the case of
-- We're working on cruise missiles and ballistic missiles, but there's been
some sort of a battle in our country on the issue for many years, which has
delayed and impeded progress.With respect to cyber warfare and weapons of mass
destruction, those are things that are going to take a great deal more effort
on our part. And homeland defense clearly was part of our defense strategy
review well before the September 11th attack for thevery reason that you
suggested in your question, because of these asymmetrical attacks.
I'm talking as fast as I can.
Dans le cas du terrorisme, parce que c'est
très difficile ; dans le cas de... Nous travaillons sur les missiles de
croisière et les missiles balistiques, mais il y a eu une polémique sur le
sujet dans notre pays depuis plusieurs années, ce qui a retardé et empêché le
progrès. En ce qui concerne la cyber guerre et les armes de destruction
massive, c'est le genres de choses qui va nous demander beaucoup d'efforts. Et
la défense de notre patrie fait partie intégrante de la révision de notre
stratégie bien avant l'attaque du 11 septembre pour la simple raison que vous
avez suggérée dans votre question, à cause de ces attaques asymétriques.
Je parle aussi vite que je le peux.
Q: You're doing a great job. You're making life
much easier.
Mr. Secretary, what goes through your mind when you commit American troops
to war?
Q : Vous faites un travail magnifique. Vous
nous facilitez la vie.\par
M. le Ministre, à quoi pensez-vous lorsque vous envoyez des soldats
américains au combat ?
Rumsfeld: Well, if you're going to put people's
lives at risk you better have a damn good reason.
Rumsfeld : Eh bien, quand on va mettre en
danger la vie des gens, on a intérêt d'avoir une sacrément bonne raison.
Q: If things become difficult in this war -- it
looks like it's going to be long, if there are setbacks or losses, what will
you turn to for strength? What are you drawing strength from now?
Q : Si les choses deviennent difficiles dans cette
guerre... il semble qu'elle va durer, s'il y a de revers ou des pertes, comment
allez-vous considérer l'usage de la force ? Que tirez vous de la force, à
partir de maintenant ?
Rumsfeld: Say that again.
Rumsfeld : répétez-moi ça.
Q: If this war becomes increasingly difficult,
lasts for a long period of time, if there are setbacks or losses as there
almost always are in most wars, what will you turn to for strength? What will
you draw upon? And is there anything in particular that you're drawing upon already
now?
Q : Si cette guerre devient de plus en plus
difficile, si elle dure longtemps, s'il y a des revers ou des pertes comme il y
en a presque toujours dans la plupart des guerres, comment considérerez-vous
l'usage de la force ? Qu'allez vous préparer ? Et est-ce que vous avez d'ores
et déjà prévu quelque chose de particulier ?
Rumsfeld: Well, I guess you'd say the United
States of America represents something so important to the world, our way of
life, our free way of life. If one looked down from Mars on earth you would
find that only a handful of countries are really capable of providing for their
people, and where the people provide for themselves. That is to say where the
political and economic structures are such that the maximum benefit for the
most people is achieved. Rumsfeld : Bien,
je pense que vous admettez que les Etats-Unis d'Amérique représentent quelque
chose de très important pour le monde, pour notre mode de vie, pour notre
liberté. Si quelqu'un observe la Terre depuis Mars il découvrira qu'il n'existe
qu'une poignée de pays ayant vraiment la possibilité de faire vivre leur peuple
et où les peuples sont capables de subvenir à leur besoins. C'est à dire où les
structures économiques et politiques sont elles que le bien de la majorité des
gens est assuré.
That is a big idea. That is something that is important. And we have to see
-- if you care about human beings across the globe, you have to care that that
example and that model, that engine for prosperity that benefits not just the
people in our country but people across the globe, succeeds.
C'est une grande idée. C'est important. Et
nous devons voir... si on tient compte des êtres humains sur la terre, on doit
avoir soin que cet exemple et ce modèle, ce moteur de prospérité qui profite
non seulement au gens de notre pays mais encore à toute la planète, réussisse.
And in a world where, as human beings we know that people are imperfect and
there are a lot of people who are, for a variety of reasons, engaged in doing
evil things. And vicious things. And lethal things. Therefore, if we value that
and if we value the people of the United States, there's no question but that
we have to be willing to defend that way of life and to do that, people have to
voluntarily put their lives at risk. Thank goodness we've got wonderful people,
men and women in the armed services, who are willing to do that.
Et dans un monde où, en tant qu'êtres humains,
nous savons que les gens ne sont pas parfaits et où beaucoup de gens sont
engagés, pour diverses raisons, dans la voie du mal. Et dans des choses
mauvaises. Et dans des choses qui tuent. Donc, si nous accordons de la valeur
[à nos conceptions], et si nous accordons de la valeur au peuple américain,
nous ne pouvons pas ne pas vouloir défendre ce mode de vie et, pour ce faire,
des gens doivent risquer volontairement leur vie. Dieu merci, nous avons des
gens magnifiques, hommes et femmes, dans nos forces armées, qui sont prêts à le
faire.
Q: Finally, one last question. Many people today
shun public service, avoid public office. Why serve? Why did you choose to
serve again?
Q : Enfin, une dernière question. Beaucoup de
gens de nos jours fuient le service public, évitent les emplois publics.
Pourquoi servir ? Pourquoi avez-vous choisi de revenir aux affaires publiques ?
Rumsfeld: I guess I had a practice of that over
the decades. That plaque says, "Fighting for the right is the noblest
force the world [affords]." (inaudible).
Rumsfeld : Je pense que j'ai fait ça pendant
des décennies. Cette plaque porte inscrit "Se battre pour le droit est la
force la plus noble que le monde [puisse s'offrir]". (inaudible).
Q: I need to wait for the photographer to come
in.
Q : il faut faire une pause pour que le
photographe entre.
Are there any special challenges that we're facing as a nation as part of
this war? Something that you think the American people need to be aware of?
Existe-t-il des défis particuliers que nous
devions relever en tant que nation en raison de cette guerre ?
Rumsfeld: There is one. Throughout our history,
free people are free to be wise, and to be unwise. That's part of what freedom
is. We've concluded that it's better than philosopher kings or dictators. If
that's the case and one looks at our history and knows that that's the case,
that means we can make mistakes, and if we're what, 260 or 70 years old, 80
years old as a country, we know we've made some mistakes. We've behaved in ways
that have allowed crises to turn into conflicts through inattention, by
thinking something was improbable, like the Japanese attack on Pearl Harbor; by
saying something that led people to believe it was okay for them to do
something like invade Korea. We survived all of that in reasonably good form.
There's been a lot of loss of life in human treasure as well as material treasure.
But that was a different period. That was before weapons of mass destruction.
We do not have that, what do you call it, a margin for error?
Rumsfeld : Il y en a un. Tout au long de notre
histoire, les gens libres sont libres d'être sages ou non. Cela fait partie de
la liberté. Nous avons décidé que cela vaut mieux que [suivre]des rois ou des
dictateurs philosophes. Si c'est le cas et qu'on regarde notre histoire en
sachant que c'est le cas, cela veut dire que nous pouvons commettre des
erreurs, et si nous avons, quoi, 260, 270, ou 280 ans d'âge en tant que pays,
nous savons que nous nous avons commis quelques fautes. Nous nous sommes
conduits de façon à laisser des crimes évoluer en guerres par manque
d'attention, en croyant que quelque chose était improbable, comme l'attaque
japonaise sur Pearl Harbour, en disant des chose qui ont conduit les gens à
penser que c'était bon pour eux de faire quelque chose comme envahir la Corée.
Nous avons survécu à tout cela en raisonnablement bonne condition. Il y a eu
beaucoup de pertes en vies humaines et en matériel. Mais c'était une autre
époque. C'était avant les armes de destruction massive. Nous n'avons pas,
comment dire, de marge d'erreur ?
Q: That luxury.
Q : C'est un luxe.
Rumsfeld: Yeah. We don't have the luxury of
making a mistake that big today. We have to be sufficiently -- We have to
behave to a higher standard as free people. We are not as free to be as
inattentive as we have on occasion been in the past. We're not as free to make
a misjudgment as to what's probably or not probable because if we do make that
mistake instead of hundreds of people or thousands of people, it's hundreds of
thousands of people and potentially millions of people. That's (inaudible).
Rumsfeld : Ouais. Nous ne pouvons pas nous
payer le luxe de faire une telle faute aujourd'hui. Nous devons être assez...
Nous devons atteindre des critères plus élevés en tant que peuple libre. Nous
ne sommes pas assez libres pour nous permettre de ne pas faire attention à
certaines choses comme nous l'avons fait dans le passé. Nous ne sommes pas
assez libres pour nous permettre de faute de jugement sur ce qui est probable
ou non parce que si nous faisons cette erreur, ce seront plusieurs centaines de
milliers de gens et peut-être des millions de gens et non plus des centaines ou
des milliers. Que (inaudible).
Q: Mr. Secretary, thank you very much. It was fascinating.
I have something quickly for you from my husband who I think you know. The
president loved the book as (inaudible) and Secretary Cheney (inaudible) on
Saturday night for dinner, and we wanted you to have a copy. I don't know when
you'll get the time, but --
Q : M. le Ministre, je vous remercie. C'était passionnant.
J'ai, très vite, quelque chose pour vous de la part de mon mari que vous
connaissez, je pense. Le président a aimé ce livre comme (inaudible) et le
Secrétaire Cheney (inaudible) samedi soir au dîner, et nous souhaitions que
vous en ayez un exemplaire. Je ne sais pas quand vous aurez le temps de,
mais...
Rumsfeld : Am I allowed to accept this?
Rumsfeld : Je ne sais pas si j'ai le droit
d'accepter...
\qj\frmtxlrtb\
Cette interview avait même été mise en ligne sur le site du ministère américain de la défense. En raison des questions qu'elle a suscitées, le ministère l'a retirée, mais des petits malins en avaient fait un enregistrement. Si vous voulez voir une copie de la page du Ministère de la Défense Américain, cliquez sur le lien : La page du ministère de la défense américain
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